Max Nettlau Papers, Ms. 1777 (opening fragment)

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Max Nettlau Papers, Ms. 1777 (opening fragment)

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Transcription and translation of a fragment, found at the beginning of the manuscript of Nettlau's "Essai d'une critique de quelques tendances actuelles du mouvement anarchiste"

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Max Nettlau Papers, Ms. 1777 (opening fragment)

 

All my arguments are based on the fact that men are different from one another, so that the same thing cannot be known to the same degree by everyone.

If we accept in theory that all the possibilities of development exist in a rudimentary state or develop in all of us, the practical life shows that these possibilities develop in a different manner for each of us. We do think nor wish to render men uniform — just as we do not think of leveling the mountains and the plains. We hope that the most contradictory and harmful differences will disappear — just as we construct roads, bridges, etc., in order to render difficult regions more accessible, etc. — but now we face all the differences with all the disharmonies.

We accept that among a given number of men there is a strictly defined number per hundred of true artists, true scientists, true lovers of the mountains or the sea, etc.

To this I add that there is an equally definite number of true lovers of liberty, of truly independent men,—then another number whose love of liberty is more tepid, and so on—and on the other hand there are so many men who have no idea of liberty, and no desire for it, who only understand authority—all that to differing degrees.

Now, we can teach music to everyone and we can indoctrinate everyone in liberty—but the result is equally pitiful in both cases.

We know this for music…., the advanced parties must learn it for their ideas—it is the same thing. Universalizing an idea is a utopia—it only succeeds in a superficial and momentary manner for the fashion, by demagoguery and suggestion—or else by the common ignorance, traditional superstition; thus always one thing, indifferent or reactionary, never (save for superficial and powerless surges) for a good cause.

This explains the inevitable decline of all the parties, including anarchy, that do not recognized this fact; this is what happens:

The idea corresponds to the latent aspirations and dispositions of a definite number of persons who fully embrace it (the period of enthusiasm for anarchy, of the Saint-Simonians, etc., etc.)

Then we pursue the wretched chimera of generalizing that idea—we address ourselves to persons who are not disposed to it—and what follows is: either a complete fiasco, apathy, which discourages the true adherents and kills the movement, or we gain adherents who are only  ¾, ½, or ¼ convinced, etc., and as a result of their influence we put water in the wine (¼, ½, ¾, etc.) and the idea is sacrificed: that happened to the social-democrats of all countries from the moment that they counted the voters instead of the convinced adherents, and it has happened to anarchy since 1895, since it has counted the union members and not the comrades.

I can only consider the generalization of an idea as equivalent to its complete neutralization, to its death by anemia. It is in this sense that I have said: anarchy to the anarchists, because it is dear to me and I have seen with horror that it is sacrificed to the thirst for success or to purely humanitarian, charitable considerations, as I have seen, and we have all seen, socialism sacrificed to social-democracy, then to social reform. Those socialists become simple radicals and the anarchists become simple trade-unionists—the evolution is the same and as dire for the one as for the other.—

Someone asks me my ideas about the desirable form of the evolution. I respond:

 [End of manuscript.]

 

 

Ms. 1777

 

Tout mon raisonnement se base sur le fait que les hommes sont différents l’un de l’autre, donc que la même chose ne peut pas connais en même degré à tout le monde.

Se on admet en théorie que touts les possibilités de développement existent en état rudimentaire ou développé chez tout, la vie pratique montre que ces possibilités se développer d’une manière différente pour chacun. Nous ne pouvons ni ne voulons rendre les hommes uniformes—juste comme nous ne pouvons ni ne voulons niveler les montagnes et les plaines. Nous aspirons à ce que les différences les plus contradictoires et nuisibles disparaissent—juste comme on construit des routes, des ponts, etc., pour rendre plus accessible les contrées difficiles, etc.—mais maintenant nous avons en face de nous touts les différences avec toutes les disharmonies.

On admettra que parmi tel nombre d’hommes il n’y a qu’un nombre strictement défini p. [ ] de vrais artistes, de vrais savants, de vrais amateurs de la montagne, de la mer, etc.

À cela j’ajoute qu’il il n’y a aussi qu’un nombre également défini de vrais amants de la liberté, d’hommes d’une vraie indépendance,—puis un autre nombre dont l’amour de la liberty est plus tiède et ainsi de suite—et de l’autre cote il y a tant d’hommes qui n’ont pas d’idée ni de désire de la liberté, qui ne comprennent que l’autorité—tout cela à degrés différents.

Maintenant on peut enseigner la musique à tous et on peur endoctriner la liberté à tous—mais le résultat est [2] également pitoyable dans l’un et dans l’autre cas.

On sait cela pour la musique…., il font que les partis avancés l’apprennent pour leurs idées—c’est la même chose. Universaliser une idée est un utopie—cela ne réussit que d’une manière superficielle et momentanée pour le mode, par le démagogie, la suggestion—ou encore par l’ignorance commune, la superstition traditionnelle ; donc toujours une chose, indifférente ou réactionnaire, jamais (sauf des élans superficiels et impuissants) pour une bonne cause.

Ceci explique le déchéance inévitable de tous les partis, l’anarchie y comprise, que ne reconnaissent pas ce fait ; voici ce qui arrive :

L’idée correspond aux aspirations et dispositions latentes d’un nombre défini de personnes qui l’embrassent pleinement (la période d’enthousiasme de l’anarchie, des Saint-Simoniens, etc., etc.)

Ensuite on poursuit la malheureuse chimère de généraliser cette idée—on s’adresses aux personnes qui n’y sont pas disposés—et il s’ensuit

ou le fiasco complet, l’apathie, qui décourage les vrais adhérents et fait mourir le mouvement,

ou on gagne des adhérents convaincus à ¾, ½, ¼, etc. et pour cela et ensuit par leur influence on met de l’eau dans sa vin (1/4, ½, ¾, etc.) et l’idée est sacrifiée : c’est arrivé aux sociale-démocrates de tous les pays du moment qu’ils comptaient les électeurs au lieu des convaincus,

et cela arrive à l’anarchie depuis 1895, depuis qu’elle compte les syndiqués et plus les camarades.

Je ne peut donc considérer la généralisation d’une idée qu’équivalente à sa complète neutralisation, à sa mort par anémie. C’est dan ce sens que j’ai dit : l’anarchie aux anarchistes, parce qu’elle m’est chère et que je vois avec horreur qu’elle est sacrifiée au soif du succès ou à des considérations purement humanitaires, charitables, comme j’ai vu et nous avons tout vu le socialisme sacrifiée à la social-démocratie, puis à la reforme sociale. Ceux-là deviennent des simples radicaux et les anarchistes deviennent simples trade-unionistes—l’évolution est la même et aussi funeste d’une que l’autre.—

On me demande ici quelle est mon idée sur l’évolution désirable. Je réponds :

 [End of manuscript.]

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Citation

Nettlau, Max, 1865-1944, “Max Nettlau Papers, Ms. 1777 (opening fragment),” The Libertarian Labyrinth, accessed October 17, 2017, http://library.libertarian-labyrinth.org/items/show/3496.